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Soully d’Air, le projet de parc éolien de Saint-Trivier-de-Courtes, en attente de certification


Depuis 2017, la Compagnie Nationale du Rhône (CNR) développe un projet éolien à Saint-Trivier-de-Courtes, basé sur l’implantation de 4 éoliennes au lieu-dit "Rippes de Soully ". Une demande d’Autorisation Environnementale a été déposée en fin d’année 2021. Dans le même temps, un partenariat inédit a été conclu, associant à 50% les territoires dans le projet, traduisant leur volonté de s’impliquer dans la gouvernance. Le Parc de Soully d’air devrait entrer en phase de construction en 2024, en associant les citoyens.

Concertation et information ont rythmé le développement du projet depuis ses débuts : réunions d’information avec le soutien de l’ALEC 01, bulletin d’information, visites de parcs éoliens, permanences, site internet dédié au projet (https://soullydair.eoliencnr.fr/), organisation d’une concertation préalable volontaire, qui s’est déroulée durant tout le mois de juillet 2021, et mise en place d’un groupe de travail regroupant les communes limitrophes, Grand Bourg Agglomération, des associations locales, des agriculteurs, des acteurs de l’énergie et des riverains. Jusqu’à présent, les feux ont toujours été au vert, soulignant la maîtrise de la CNR dans la conduite du projet. Désormais, place aux décisions de l’Etat. L’avis des autorités environnementales (la MRAE) est attendu dans les prochains mois, avis qui servira de déclic au démarrage de l’enquête publique. S’en suivra le délai de recours, puis la constitution du dossier pour l’obtention d’un tarif de vente de l’électricité, et enfin les études préparatoires aux travaux. Cette phase qui paraît inerte pour les personnes extérieures s’achèvera au mieux en 2024.  


Des caractéristiques innovantes


Prévu au départ avec 5 ou 6 éoliennes, le parc de Soully d’Air a été ramené à 4 du fait de certaines contraintes liées, notamment, à la distance des habitations, la présence d’un étang, le nid d’un milan royal. Dans le projet final, les maisons les plus proches seront distantes de plus de 650m, alors que la distance réglementaire est de 500m. Côté financier, les retombées fiscales pour la commune seront de 23 000 €/an, pour la taxe foncière, et de 3 200€/an pour l’utilisation de la voirie communale. Un loyer "redistributif" et solidaire sera mis en place entre tous les propriétaires fonciers, de 6 000 à 9 000€ par éolienne, répartis ainsi : 60% pour le propriétaire et l’exploitant agricole de la parcelle concernée par les aménagements, et 40% pour les propriétaires et exploitants agricoles qui ont engagé des parcelles dans une promesse de bail et qui n’accueillent finalement pas d’éoliennes. La concertation préalable, pour informer et recueillir les avis des habitants et les parties prenantes locales sur le projet, a concerné 15 communes environnantes, soit 9 000 foyers. Le résultat peut être qualifié de décevant puisque 19 retours seulement ont été enregistrés et traités anonymement. Les raisons pourraient se situer entre le désintérêt pour la transition écologique et le manque d’opposition résolue au projet. 12 avis ont été comptabilisés ainsi que 5 avis positifs. Le 7 octobre dernier, un partenariat a déterminé la répartition du capital de la société Parc éolien de Soully d’Air : 50% pour la CNR, 15% pour Grand Bourg Agglomération, 5% pour la commune de Saint-Trivier-de-Courtes, et le reste pour des fonds régionaux citoyens et collectivités OSER (10%) et EnRciT (21%). Afin de permettre aux citoyens d’investir dans le projet et de partager les revenus issus de l’exploitation du parc, il est prévu à la phase de construction une revente des parts d’EnRciT à des personnes intéressées, par l’intermédiaire de structures citoyennes. L’association BEC (Bresse Energie Citoyenne) est le relais local identifié qui pourrait porter cet investissement citoyen. A noter que la commune de Saint-Trivier-de-Courtes continue son engagement dans la transition énergétique et écologique. Un projet d’implantation d’un parc photovoltaïque au sol, au lieu-dit « Crocu", est actuellement en phase d’enquête publique, préalable à la délivrance du permis de construire.


Ils ont dit


Michel Brunet, maire de Saint-Trivier-de-Courtes : 

« Être un acteur majeur pour répondre aux attentes de nos citoyens et traduire les objectifs nationaux en projets concrets, locaux et participatifs »


Maya Forni, Chef de Projets et Référent Eolien à la Direction des Nouvelles Energies de la CNR : 

« On pense qu’on a un bon dossier. Il n’y a aucun gros problème identifié qui pourrait techniquement ou environnementalement empêcher une issue positive. Mais, dans l’éolien, il y a parfois des surprises ».

Données techniques du Parc Soully d’Air

-  4 éoliennes, pour une puissance installée de 2 à 3 MW par éolienne, soit 8 à 12 MW crête.

- Production de 16 à 20GWh/an au total, équivalente à la consommation d’environ 6 000 personnes (électricité et chauffage).

- 12 000 tonnes/an d’émissions de CO2 ainsi évitées.

- Investissement estimatif de l’ordre de 10 à 15 M€.



La CNR

Créée en 1933, la Compagnie Nationale du Rhône est le premier producteur français d’électricité 100% renouvelable (eau, vent, soleil), et le concessionnaire du Rhône pour la production d’hydroélectricité, le transport fluvial et les usages agricoles. C’est le deuxième producteur d'électricité français avec 3 % de la production électrique du pays, loin derrière EDF. Constituée en Société Anonyme d’Intérêt Général, son capital est majoritairement public : Engie : 49,97% - Caisse des dépôts et consignations : 33,20% - Collectivités locales : 16,83%. Sa concession d’exploitation d’origine devait prendre fin en 2023. Le 11 janvier 2022, la loi relative à l'aménagement du Rhône a prolongé la concession de la CNR jusqu'au 31 décembre 2041. Elle gère 19 centrales hydroélectriques sur le Rhône, 57 parcs éoliens et 46 parcs photovoltaïques. Plus de 80% de sa production est hydroélectrique. Les prévisions envisageant une baisse du débit du Rhône de 10 à 40% d’ici 2050, la CNR compte maintenant développer ses capacités éoliennes et solaires,  de 1 gigawatt aujourd'hui à 7 gigawatts en 2030.


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